L’opérateur d’occupation temporaire

Retranscription des pitchs de la soirée des Nouveaux métiers de la ville organique le jeudi 18 janvier à l’Institut de France (Paris)
Colloque Organic Cities

Auteur
Affiliation

Plateau Urbain

Date de publication

19 janvier 2024

Modifié

20 mars 2024

Simon Laisney est le co-fondateur et directeur de Plateau Urbain.

Comment peut-on peut convaincre un propriétaire qu’un bien qui est plein vit mieux qu’un bien qui est vide ?

Tout le monde en est déjà convaincu. Dans le milieu de l’occupation temporaire de bâtiments, il y a plusieurs catégories.

Avec Plateau Urbain, nous faisons de l’occupation temporaire sociale. Si vous avez des bâtiments à nous passer, il ne faut pas en attendre de loyer, il ne faut pas attendre de l’argent, on ne vous en donnera pas.

Si déjà vous acceptez que l’on ne vous verse pas de loyer pour utiliser vos bâtiments, nous pouvons commencer à discuter. À ce moment-là, lorsque l’on a retiré la valeur et le loyer, on sort du monde capitaliste pendant une petite parenthèse. Et pendant cette parenthèse-là, nous pourrons investir frugalement les lieux et permettre à plein de structures associatives, entrepreneuriales, artistiques, d’accéder à la ville. Là, nous travaillons alors vraiment au droit à la ville.

Le droit à la ville, c’est permettre à des personnes d’accéder aux services, aux espaces temps, au cœur de la ville.

Par exemple, à l’Hôtel de Ville, à Paris, certains opérateurs, ce n’est pas forcément Plateau Urbaine, ont ouvert des espaces à 10 euros/m2, toutes charges comprises, place de l’Hôtel de Ville, avec vue sur la Seine. Nous pourrions louer 35€/m2, mais c’est 10 euros. Parce que cela permet à quelqu’un de prendre 10 mètres carrés et d’avoir un atelier pour 100 euros à Paris.

Et ici, nous cassons alors ce que crée la loi du marché, c’est-à-dire des zones où l’on doit payer l’accès à la centralité.

Parfois, nous avons aussi la chance de pouvoir travailler avec des associations de la solidarité, et d’héberger des personnes. Dans ce cas, nous créons des lieux inédits qui mêlent accompagnement de personnes en précarité et personnes qui travaillent. Nous décloisonnons ainsi un peu les mondes.

Si vous avez envie de travailler avec nous, maintenant, nous avons 10 ans, alors, il va falloir faire avec nos valeurs. Bruno Latour disait que le monde meurt d’absence de commun à partager, nous, notre métier est de créer du commun. Donc, si vous ne voulez pas que le monde meure, eh bien, bossez avec nous.

Réutilisation

Citation

BibTeX
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Veuillez citer ce travail comme suit :
Laisney, S. (2024, January 19). L’opérateur d’occupation temporaire. Organic Cities, Paris. Sciences Po & Villes Vivantes. https://papers.organiccities.co/l-operateur-d-occupation-temporaire.html