Le jardinier des villes

Retranscription des pitchs de la soirée des Nouveaux métiers de la ville organique le jeudi 18 janvier à l’Institut de France (Paris)
Colloque Organic Cities

Auteur
Affiliation

L’école du Breuil

Date de publication

19 janvier 2024

Modifié

20 mars 2024

Léon Garaix est le directeur de l’école du Breuil

Comment peut-on aider la nature à trouver sa place dans le béton ?

La question qui a été posée c’est comment aider la nature à faire mieux que de survivre en ville ?

Concernant la nature, comprenons-nous, nous du vivant, des micro-organismes qu’on ne voit pas, on parle de la corneille qui vient taper dans la corbeille de rue, qui va ensuite se poser dans l’arbre pour finir les repas que nous n’avons pas finis nous-mêmes.

En fait, le sujet, ce n’est pas la ville, ce n’est pas le cadre bâti, parce que le cadre bâti, en fait, il n’empêche pas la nature de se développer — il suffit de regarder ce qui s’est passé depuis maintenant 40 ans après Tchernobyl : en fait, c’est l’explosion de biodiversité. Du coup, le sujet, c’est plutôt ce que nous faisons dans cette ville, ce que nous décidons d’en faire ?

Et du coup, je pense que le premier objectif est d’arrêter de la vouloir belle, cette nature. Elle n’est ni belle, ni pas belle, elle est juste génétiquement programmée pour se développer et justement, c’est les cycles de son développement qui font qu’elle est belle, c’est la beauté du vivant et ce n’est pas la fleur coupée qui a poussé sous serre et qui nous vient en avion qui est belle.

Il fait donc commencer par arrêter de penser « beauté », car c’est trop subjectif.

Ensuite, il faut que nous fassions en sorte de comprendre la nature, de la connaître vraiment. Et cela nécessite de rentrer dans sa complexité, de comprendre quelles plantes, quelles associations de plantes sont adaptées à une situation, à un milieu, à un changement que l’on sait inéluctable. Et c’est la condition première pour lui donner les moyens de se déployer pour la conduire vers son épanouissement. Et ce n’est pas du tout l’idée naïve qu’il y aura un jour une forêt primaire dans Paris, évidemment pas.

Aussi, la nature, il faut lui laisser du temps. Vous avez tous compris, on lui laisse du temps. Il faut lui trouver tous les petits coins en ville où elle pourra se développer. Et après, on assume tranquillement, nous, humains urbains, de lui faire porter des fonctions.

Et tout cela, coûte cher. Car le temps passé, les formations, l’investissement, tout cela coûte cher. Et évidemment, reste le sujet de comment payer tout cela. Selon moi, cela peut être, en rétribuant tous les services écosystémiques que la ville nous rend et toutes les activités qu’elle nous offre. Rendons payant les services écosystémiques !

Réutilisation

Citation

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Veuillez citer ce travail comme suit :
Garaix, L. (2024, January 19). Le jardinier des villes. Organic Cities, Paris. Sciences Po & Villes Vivantes. https://papers.organiccities.co/le-jardinier-des-villes.html