Le planteur pour 2050

Retranscription des pitchs de la soirée des Nouveaux métiers de la ville organique le jeudi 18 janvier à l’Institut de France (Paris)
Colloque Organic Cities

Auteur
Affiliation

Ingénieur agronome, apicultueur

Date de publication

19 janvier 2024

Modifié

20 mars 2024

Yves Darricau est ingénieur, agronome et apiculteur.

Alors, la liberté est-elle aussi importante pour les arbres, finalement, que pour les hommes ?

Effectivement, pour créer la ville de 2050, vous avez besoin d’être très créatif. Et les philosophes disent que pour être très créatif, il faut être libre. Pour les peuplements végétaux, c’est pareil. Ils doivent s’adapter. Et pour s’adapter, ils ont toujours joué sur la liberté, déjà la liberté de se déplacer, et leur créativité est largement basée là-dessus.

Ce qui se passe pour nous, se passe pour nos végétaux. Imaginez que dans les villes, il y aura 3 degrés de plus en moyenne d’ici 2050. C’est-à-dire que les végétaux que vous voyez aujourd’hui, pour certains, seront en grande souffrance, et pour beaucoup d’entre eux, seront sûrement plus qu’en souffrance, c’est-à-dire, décédés. Tout le paysage urbain végétal que nous avons doit évoluer, doit s’adapter.

La seule façon de faire que nous avons aujourd’hui est de suivre des listes de plantations. Il faut planter endémique, il faut planter local, il faut planter tout ce que vous voulez. Pourtant, tout ça est, hélas, hors-jeu.

Aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre solution que d’être totalement créatifs avec les peuplements végétaux qui vont être ceux de nos villes à l’avenir. La seule façon d’avoir cette créativité de la part de nos végétaux, c’est de leur rendre la première des libertés, qui est celle de se déplacer.

Pourtant, nous interdisons à nos végétaux de se déplacer, tout simplement physiquement, voire aussi idéologiquement, en refusant des végétaux dits exogènes.

Le planteur de 2050, ce que vous devez tous être, doit avoir plusieurs réactions. D’abord, celle d’aller chercher ailleurs les arbres de demain. Ensuite, d’être entremetteur, d’imaginer de nouvelles associations végétales pour nos villes. Et enfin, et cela s’applique, je pense, à toutes les villes et tous les contextes, c’est de voir les villes comme des paysages avec des microclimats et des terroirs différenciés.

A partir de cette vision globale de paysage, vous allez pouvoir, effectivement, travailler et être créatifs avec les végétaux.

Réutilisation

Citation

BibTeX
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Veuillez citer ce travail comme suit :
Darricau, Y. (2024, January 19). Le planteur pour 2050. Organic Cities, Paris. Sciences Po & Villes Vivantes. https://papers.organiccities.co/le-planteur-pour-2050.html